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La vie champêtre
 
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Au fond des bois
 

Il y a quelques décennies, nos ministères prenaient l’initiative d’organiser une opération « A l’école de la forêt ». Mais mon père, précurseur en la matière, n’avait pas attendu le lancement de cette action officielle pour créer son propre « cours élémentaire de foresterie » ! Aussi, le jeudi, jour de « repos » des écoliers, il y invitait sa progéniture qui en général, était enchantée du programme. Presque chaque semaine en hiver, nous étions donc, déjà dans les années 50, à l’école de la forêt !

Les vastes étendues boisées de la commune répondaient aisément aux besoins des habitants qui se chauffaient uniquement au bois. Tous les ans, chacun allait couper sa part (affouage) en veillant à ne pas abattre quelques beaux arbres marqués par le garde forestier qui était chargé entre autres fonctions de la gestion des coupes de taillis. Mes frères et moi avions une grande admiration pour notre père lorsqu’il abattait un arbre ; c’était aussi un excellent bûcheron. Il employait encore la hache et avec cet outil ancestral, s’appliquant à bien marquer le cran de chute, il savait exactement, à quelques centimètres près, où l’arbre allait tomber. Ce n’est qu’après l’ébranchage que les travaux pratiques des élèves commençaient.

Nous étions contents de tracer le fût avec un mètre forestier armé d’une pointe à chaque extrémité et surtout de manier le passe-partout, cette lame de scie souple de 1,80 mètre aux dents acérées qui désormais, a rejoint avec la hache, le musée du village ! Au fur et à mesure que le tronc se réduisait, nous empilions méticuleusement les rondins en stères tandis qu’à côté, dans la braise, les pommes de terre du repas de midi cuisaient lentement.

Mais en hiver au milieu des bois, la lumière décroît très rapidement et vers seize heures, nous devions rassembler les outils et enfourcher nos vélos pour rentrer à la maison avant la nuit. L’école de la forêt, c’était aussi un excellent programme d’oxygénation qui valait bien le jogging, le judo ou l’athlétisme d’aujourd’hui !

 

© Claude Bouchot